L'Amour
L’Amour. Nous y prétendons tous. Certains le cherchent sans jamais le rencontrer. D’autres pensent l’avoir trouvé et se retrouvent un jour, face à la cruauté du destin : obligés de tirer un trait sur des années d’équilibre, obligés d’abandonner tout espoir d’unité et de tendresse dans ce qui était encore, il y a peu, un cocon familial... Ou bien contraints, parfois, à pleurer une solitude imposée par cet autre qu’on a tant aimé, ou par la vie qui nous prive trop tôt des êtres chers à nos coeurs.
Il y a ceux qui, par chance, ont croisé la route d’un ou d’une autre, prêt(e) à les accompagner, prêt(e) à regarder dans la même direction et à leur tenir la main pour passer les obstacles. Quelqu’un, ou quelqu’une, séduit(e), charmé(e), qui accepte de partager une vie, de construire un monde, leur monde.
Les romantiques s’attachent à prétendre que l’Amour est indispensable pour vivre ; et que c’est d’ailleurs lui qui donne un sens à nos vies. Aimer son prochain, aimer sa famille, ses amis, aimer son autre, l’homme ou la femme « de sa vie », aimer son enfant. L’Amour serait alors essentiel pour se construire, pour s’apprécier soi-même, pour vaincre la solitude et ses angoisses.
En ce qui me concerne, je pense que l’Amour est une notion bien plus complexe encore, et totalement indescriptible. Parfois même imperceptible. Il ne s’agit pas seulement de dire que l’Amour est universel, participatif et indispensable au Bonheur de chacun. Soit...
Il est probable en effet que sans Amour, sans bons sentiments, sans respect, partage et affection, l’humanité aurait de quoi s’inquiéter de son sort. Le bonheur et le plaisir, liés à l’Amour (et au désir), outre leurs bienfaits intellectuels, contribuent - parait-il - à nous maintenir en bonne santé.
Aimons-nous donc pour aller mieux !!
Enfin, il est facile de constater par nous-même à quel point l’individualisme grandissant et l’égoïsme latent de la société, nous rendent tristement moroses. Si je ne peux plus rien attendre des autres, si je dois vivre seule pour être heureuse, si je ne peux compter que sur moi-même ; autant que j’aille vivre sur une île déserte avec mon chien, n'est-ce pas ? Si parce qu’"on ne sait pas quoi dire ni quoi faire pour m’aider " on choisit de ne rien dire et de ne rien faire ; si parce qu'on ne sait pas quoi répondre à mes élans d'affection, on préfère me fuir… alors, que deviendrais-je à rester prisonnière des méandres de mon cerveau quelque peu paranoïaque, excessivement sensible et « hyper-afectivo-dépendant » ?
Au regard de mon excès d’altruisme et d’attention à l’égard des gens que j’aime, je me demande parfois si nous sommes tous capables d’aimer ; ou plutôt si nous pouvons tous aimer de la même façon. Aimons-nous avec une intensité différente chaque membre de notre entourage ? D’un individu à l’autre, y a-t-il plusieurs façons d’aimer une maman, un papa, un mari, un enfant ou encore, un animal ?
Mais surtout, l'Amour, la "capacité" à l'exprimer et même à le ressentir, est-ce une question d'éducation ? Est-ce inné ?
Je donnerais tellement pour passer une journée dans l’esprit de quelqu’un qui aime, mais pas trop. Juste suffisamment pour se faire aimer en retour, mais qui n’attend rien de personne, et ne donne de soi que l'essentiel (voire moins) et sans culpabilité.
On partage avec l’autre des expériences ; on traverse ensemble des épreuves et des moments de joie. On s’apprend, on s’accepte, on se comprend, on s’attache… Et le temps fixe et forge ces sentiments. Sentiments fragiles et vacillants s’il en est. Susceptibles de s’éteindre à n’importe quel moment car, force est de constater, qu’il est bien plus long de gagner la confiance de quelqu’un et de se faire aimer, que d’être oublié, jugé et détesté. (...)
Un jour l’Amour naît, un autre il s’avoue. En espérant qu’il soit réciproque. Et cela, malheureusement, n’arrive pas toujours. Aimer l’autre tel qu’il nous aime et, surtout, que l’autre nous aime tel que nous l’aimons n’est pas chose aisée. Une quête illusoire et souvent destructrice s'engage quand la question « m’aimes-tu, toi ? » se pose trop souvent.
On a beau dire qu’il ne faut pas vivre dans le regard d’autrui, nous sommes inévitablement et inexorablement liés. Même le plus indépendant d’entre nous, a besoin des autres pour exister, pour trouver sa place.
Finalement, n’y a-t-il pas derrière chaque expression de haine, de mépris et de violence, le triste constat d’un manque d’Amour ? D’un manque de confiance en soi qui s’est transformé en excès d'égoisme et d’agressivité ? D’une sensation d’abandon qui s’est soldée par une haine de l’autre ?
Car, qui peut vivre sans Amour ? Qui peut prétendre ne pas être rassuré par un « je t’aime »?
2011-2012