Schizophrénie
Qu’elles sont douces ces illusions qui m’emportent dans mes songes.
Je vis ma vie rêvée et en silence parfois je trompe sans mensonges.
Je suis « Celle », je suis « La », je suis « La sienne » et je suis « Moi »,
On m’entoure, on m’admire puis on me perd et ne me reprend pas.
Je suis l’absente, je suis l’abstraite, je suis l’enfante, la femme parfaite,
Il me veut, ils me veulent tous, dans mon fort intérieur je suis en fête.
Je suis une star ou une groupie, et puis un soir, je finis dans son lit.
Il est brun, sera blond demain, ne m’aimera plus puis d’un amour infini.
Je suis en quête de ce que j’aurais voulu être mais ne serai sûrement pas,
Et fantasme sur un paraître qui n’est, somme toute, pas vraiment moi ;
Je suis l’une et je suis l’autre, je suis une autre, ici et ailleurs.
Parfois je suis morte, je suis laissée, blessée et pendue à mon cœur.
Qu’ils sont savoureux ces instants qui me bercent dans mes chimères.
Je choisis un destin et m’absente une minute loin du froid des hivers
Tic, tac, je reviens, je suis là et ma main dans la sienne se rassure
Je suis « Sa », je suis « Celle » avec qui s’engage son éclatant futur.
Dans mes délires, je manque, je déteste, j’attire, je doute et je caresse.
Quelle honte, enfin, car dans mes films je suis heureuse, je le confesse.
Dans la réalité qui m’ennuie, je m’offre une parenthèse extravagante,
Car même la nuit mon inconscient me conte des histoires lassantes.
Je suis un clown jamais trop triste qui marche nu-pieds dans le néant
Je suis le premier cercle de la cible dont on convoite le cœur rouge-sang.
C’est à l’Aurore quand il se lève que j’accuse ! le sort d’être si dur,
De me rappeler sans cesse la vérité de mon incroyable démesure.
2012